Autrices de l’article : Sarah & Sarah (alias Sarah Alibert et Sarah Rousseau), avec le soutien de Marie Zandolie

…Et non…On est très créatives au sein des WonderMeufs, mais on n’a pas encore ça pour toi. Et pour cause, ça n’existe pas! Tout travail mérite salaire, tout ce qui a de la valeur se paie, comme disait l’autre.

Mais payer, ça peut prendre différentes formes, autre que ta CB gold-sans-contact :

 

 ..par exemple en monnaie locale (à Montpellier, on a la graine) et à ce sujet l’Université de Montpellier accueillera bientôt Rob Hopkins lors d’un événement organisé par le média Sans transition le 17 avril. Il est LE spécialiste du sujet, et tu l’avais peut être découvert dans le documentaire de Cyril Dion et Mélanie Laurent, Demain, et il est aussi l’initiateur du mouvement des Villes en transition.

 ..ou encore le troc, en objets ou services, le développement de l’autonomie pour produire ses propres biens et énergies, ou les collectes entre particuliers (du bon vieux chapeau jusqu’à ta campagne la plus comunitymanagée sur KKBB etc.)..en un mot la solidarité, sous des formes très inventives et diverses.

Car quand il s’agit de s’entraider, se soutenir, faire avancer la société au sein d’un groupe humain, local, les femmes et les hommes sont d’une richesse et générosité de dingue ! C’est quand ça devient groupe-état-nation que ça se complique. Mais ceci est (presque) un autre débat.

 ..ou payer, indirectement, pour quelque chose que tu “récupères” après, de manière mieux partagée entre tous les contributeurs, selon leurs moyens. C’est le fameux système de la solidarité étendue nationalement : j’ai nommée la redistribution. Les impôts, les taxes, etc.

Savais-tu que, par exemple, une partie du prix de ton billet de cinéma est récoltée pour remplir les caisses du CNC qui lui-même finance la production cinématographique française, et donc en creux, toute la filière y compris les auteurs, les exploitants de salle, etc.. Donc plus tu vas au ciné, plus tu pourras aller au ciné..magique.

  Et donc il y a aussi le prix libre, une forme qui selon moi est un mélange de tout cela. Qui s’est développée par contrainte comme par désir. A la fois face à des financements en berne dans le secteur associatif et culturel, mais aussi pour permettre de conserver de l’inclusion, des tarifs abordables, et de la participation..en misant sur une prise de conscience de ce que l’on nomme le prix, le coût, la valeur..par ceux qui consomment. C’est donc le consommateur qui fixe le prix.

Il se trouve que cette pratique est surtout présente dans le secteur associatif, culturel, ou l’économie sociale et solidaire. Mais il pourrait s’étendre à tout secteur : après tout, si vous deviez estimer le coût de la fabrication d’un pull H&M à l’aune de la souffrance au travail endurée par les petites mains qui le fabriquent à l’autre bout du monde, est-ce que vous mettriez 9,99 € ?

Plus de conscience, plus de connaissance, plus de respect. Trio gagnant.

 

Et nous, on a très envie que les gens aient conscience de la valeur des choses, avec toute la polysémie de ce mot.

Du coup, avec nos acolytes du WonderFest, on a décidé de faire un festival payant, à prix libre.

On mise sur l’intelligence des gens.

On se dit que ça crée de la richesse (avec toute la polysémie de ce mot 😉 )

Alors au delà de cette (petite) intro, on voulait te parler du prix libre du WonderFest.

Et avant cela, note bien qu’il te faudra prendre de la monnaie avec toi car nous sommes une jeune association sans terminal de paiement en CB. Donc monnaie money monnet, s’il te plait, play, paie.

 
LE PRIX LIBRE DU WONDER’FEST

Ce festival a été organisé par les Wondermeufs et il a nécessité :

  Au moins 20 réunions de 2 à 15 participantes motivées

  Des idées toutes aussi géniales les unes que les autres, dont des renoncement, des débat, des choix pas faciles, des choix évidents, de l’émotion, de la tension

  Des coups de fils, des mails, des messages facebook, des émoticônes et des smileys

  Un lieu cool avec une équipe géniale pour nous accueillir (à prix cadeau)

  Du matos et de l’huile de coude pour la signalétique et la déco

  Des virées à Emmaus le samedi matin (avec le reveil qui va avec, après la “réunion” du vendredi soir)

  Des intervenantes inspirées pour les ateliers

  Des artistes bourrées de talents et de trac pour occuper la scène

  Des micros, des fils, du gaffer, du cable HDMI, de la bombe bébé, de la peinture, du matos de techos, de zikos, de boloss, qui coute que coute, coute.

  Du temps, du temps, du temps, avec du travail dedans, et le temps, c’est de l’argent (ou du moins du temps bénévole non rémunéré et pris soit sur le temps que tu pourrais/devrais consacré à une activité rémunérée, ou que tu prends sur tes nuits pour faire les deux, faute de..)

 

Wondermeufs est une association qui réunit et booste les projets de 70 meufs. Avec 3 à 5 rendez-vous par semaine.  Une salariée à temps partiel, qui est très très occupée.

Wondermeufs c’est beaucoup d’énergie et pas de subvention.

 

Alors, ce qu’on voudrait, c’est que, a minima, l’organisation de cet événement ne coûte pas de l’argent (qu’on a pas), et en plus nous permette de continuer.

On a mis toute l’énergie et la bonne humeur possible dedans, mais ça ne nous remboursera pas les frais. Pour ça, on a besoin de money ! De vous ! Donc l’entrée est payante.

D’ailleurs, rien n’étant gratuit en ce monde, quand tu ne payes pas une entrée dans un événement culturel, c’est que d’autres le font pour toi. Par le biais des subventions. Et nous, et bien…on n’en a pas (comment ça je me répète?). (pourtant on a fait des beaux et gros dossiers) (pourtant on est nombreuses, hyperactives et inclusives (et belles et brillantes))

 

Mais c’est toi qui fixe le prix. Et là, tu es bien embêté, hein ?

Tu vas assister à un programme de folie avec des ateliers, des expositions, du théâtre participatif, une scène ouverte, un DJ set, un concert, des projections.  On te laisse décider librement ( et on regarde pas) de ce que tu donnes en fonction de ce que tu estimes juste pour le travail et le matériel investi, et de ce que tu peux donner aujourd’hui, en fonction de tes revenus, de tes non-revenus et de ta situation globale.

Et tu sais quoi ? Ce que tu donneras sera le bon montant, quel qu’il soit.